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  • Stéphanie FRANCK

"Ma relation à l'autre est le parfait reflet de la relation entre mon être et mon ego.&quot


Vers la conscience unitaire :

Agitée par les soubresauts de mon ego, par l'activité effrénée à vouloir connaître et vivre le bonheur alors que je n'étais jamais satisfaite, toujours effrayée et en colère, j'ai cherché par tous les moyens à découvrir ce qui pouvait enfin me rendre heureuse. Lorsqu'enfin j'ai découvert que je pouvais vivre mieux en allant à la découverte de mon être, prenant conscience de cette partie en moi si longtemps ignorée. A partir de cet instant précis, tout ce qui ne rentrait pas dans ce cadre devait être banni. Je prends alors conscience que je suis en deux parties, qui sont en dualité.

Je découvrais que mon mental qui galopait à tout rompre pouvait être vu. Et je décidais de m'atteler à l'observer. Je pouvais voir quand il se manifestait. Je vivais tel un compétiteur, en m'observant constamment. J'étais le doigt sur la couture. Je guettais chaque faux pas dans le mental comme une faute impardonnable ... alors le mental s'est déguisé. Il s'est muée tel un véritable caméléon. Ce mental m'a emmené davantage vers l'être : tout ce qui était de l'ordre de l'ego était insupportable. J'avais l'impression de tout savoir, d'avoir cette conscience de tout ce que je vis. Je pensais que je pouvais tout ressentir de l'intérieur pour calmer mes peurs et mes angoisses. Je pensais que l'être me sauverait. Qu'en étant dans l'être, dans la conscience d'être je serai sauvée, sauvée de quoi, en quoi et pourquoi? ... et mon mental s'est fait passer pour conscience, en idéalisant, en faisant des scénaris à l'avance, m'illusionnant davantage chaque jour, tout en croyant que c'était Conscience.

Cet être là s'est mis à juger, à comparer, il vivait "l'ego de la conscience", empreint d'un mental maintenant difficile à voir, car cet être là est arrivé... (il est déjà, sous-entendu en unité! ). Je sais mais je ne fais rien, je ne mets rien au monde, je n'accomplis rien, je me gâche et je n'ai pas le courage d'aller voir les autres... Petit à petit, cet être reculé, isolé de tout et de tous a pris conscience qu'il avait peut-être de nombreuses informations à sa disponibilité mais qu'en l'état actuel des choses, rien ne pouvait se transformer, ni même son mental.

En prenant appui sur cette seule dimension, je ne vivais pas, j'avais l'illusion de vivre et du coup, mon ego ignorait tout de la vie et pourtant, il donnait des conseils, des indications en parfait usurpateur, enfermé dans des concepts...

Je vivais parfaitement ma dualité de manière consciente... Si auparavant je n'avais aucune idée de cette dualité, à ce moment précis, elle était réelle et "vivante". Je ressentais en mon corps cette séparation et ma vie était cette dualité : plus rien ne se passait, je ne voyais plus personne, je me prenais pour un maître sans avoir expérimenter. La prise de conscience de cette illusion ne s'est pas faite en douceur... Mon être refusait l'expérience. Il est mieux que l'autre. Il ne peut pas se tromper. ... Mais comment ai-je pu me tromper à ce point? et là, ... personne d'autre à incriminer? ce ne pouvait être que de mon propre fait. J'étais responsable et je le refusais.... Je prenais conscience que j'étais la seule responsable de ce qui m'arrivait et sans m'abandonner à cela, je ne pouvais pas agir. Le temps d'être "perchée" était finie. je devais prendre mes responsabilités et prendre appui sur ce que j'avais vécu depuis lors et accepter l'expérience, la vie.

J'ai d'abord essayé de reprendre une activité mais cela n'a pas encore fonctionné. Je me sentais encore trop en discordance. Je faisais semblant. Mon ego n'était pas encore prêt à passer à l'action, mon être n'étant pas encore pleinement responsable. Alors j'ai pris la décision d'interrompre cette activité et je me suis engagée encore plus vers cette unité intérieure.

Là encore, par rapport à l'extérieur je montrai un changement de cap, un revirement qui pouvait laisser penser que je fuyais. C'était tout le contraire : au fond de moi, j'avais la conviction profonde, qu'enfin je prenais mes responsabilités et que chemin faisant je pourrais sortir de cet état d'être "ignorant". Je devais aller jusqu'au bout.

Je peux entendre de magnifiques phrases au quotidien de mon être, seules les actes dans l'incarné feront que mon SOI UNITAIRE pourra s'accomplir. Ce que j'ai entendu depuis des années n'étaient pas erroné, c'était juste immature. Il fallait le temps de décanter. J'ai cru dans mon illusion que je devais aider l'autre, me diriger vers l'autre. Le temps a servi à prendre conscience que je me détournais de Soi en allant dans ce sens. Je ne pourrai aller vers l'autre que via l'ego et non l'être. Je n'ai rien à apprendre aux autres, j'ai tout à apprendre des autres.

Ce que j'entends au plus profond de moi ne concerne que moi. Dés l'instant où je donne une information me concernant comme pouvant être appliqué par un autre, je me mets en situation d'immaturité. Je suis le seul responsable de ce que je vis et ressens. L'autre me montre ce que j'ai le mieux à voir en moi, mais n'a en aucun cas la nécessité de se transformer. Cela lui appartient. Je peux lui témoigner ce que je vis et cela peut résonner en lui en ce qu'il vit, mais je n'ai pas à interférer dans sa transformation. Cela est l'immaturité de vouloir changer l'autre plutôt que soi, Je ne veux changer que ce qui me dérange, et si cela me dérange , cela me concerne.

Avec cette nouvelle dimension, il est temps pour moi de sortir au monde, de rencontrer des "autres" dans cette nouvelle conscience unitaire possible. Retourner dans l'expérience, vivre.

Mais la conscience unitaire n'est pas constante, il s'agit d'osciller entre conscience duelle et unitaire à mesure que l'autonomie s'accroit. Plus je vais dans l'expérience, plus j'essaie, j'ose, plus je deviens autonome.

Débute alors une danse. Ce sont les premiers pas d'un couple de danseur : la femme se laisse menée dans la danse par l'homme, en s'abandonnant à la danse et en acceptant que celui-ci puisse se tromper dans les pas, puisse être maladroit par manque de pratique, puisse ne pas avoir le bon rythme... De cette expérience, par plusieurs tentatives naîtra un nouveau balancement, une nouvelle harmonie, un mouvement nouveau vers unité. Même si la danseuse sait comment faire , elle doit s'abandonner et faire entière confiance à son cavalier. Il en va de même en Soi, entre l'être et l'ego. Chacun se marche un peu sur les pieds dans un premier temps, puis en laissant l'ego autonome, en confiance absolue, il pourra devenir plus sûr de lui et oser davantage de pas. Son identité propre pourra alors se révéler et le mélange des deux danseurs n'en fera plus qu'un. Mélange qui devient Or. Chacun prend sa place et permet à l'autre de prendre la sienne, et une nouvelle cadence s'installe, un nouveau tempo (temps) et une nouvelle respiration.

Dans la beauté de la vie, mon mari et moi participons et assistons à un stage de danse de salon du XIX eme siècle depuis quelques semaines. Chacun, en essayant de danser l'un avec l'autre, explore les freins qui existent encore à cette harmonie. Les blessures du passé ressurgissent inévitablement, celles de cette dualité : abandon, trahison, humiliation, rejet et injustice (cf lise Bourbeau, Les 5 blessures de l'âme). A mesure que l'être et l'ego expérimentent cette nouvelle harmonie, les mémoires resurgissent pour guérir et ne laisser aucune amertume, aucune rancoeur ou rancune, ... aucune culpabilité.

Dés lors que l'un bloque par rapport à l'autre, le mouvement est interrompu. L'un cherche à brusquer, l'autre perd confiance, le couple se désunit de nouveau. Mais une fois l'harmonie débutée, ce couple n'aura de cesse de tendre vers Unité, il essaiera sans relâche et chacun reviendra à tour de rôle vers l'autre, dans cette responsabilité et autonomie d'unité intérieure.

Parfois, à mesure que mon être s'abandonne, il peut encore résister un peu . Il résiste car il a l'illusion d'être déjà en unité de Soi "seul"...Or, je ne peux faire l'économie de mon ego. C'est le seul capable de transformer, le seul capable d'aller guérir les mémoires et donc épurer mon mental.

Si chacun considère encore qu'il est meilleur danseur que l'autre, l'expérience se reproduira et je me maintiendrai dans une conscience duelle. Mais si je ne me sépare plus de l'autre , si je l'englobe comme représentant une partie de moi-même, alors cet autre me montrera la voie vers l'unité, quoiqu'il puisse se passer.

Cette danse m'invite à ne plus faire qu'un avec l'autre, à réduire tout ce qui peut me déranger, me gêner et m'interpeller. Tout ce que je remarque dans ce couple de danseur représente en fait mes propres contradictions qui ne me permettent pas encore d'être en harmonie en Soi.

Je réalise que ma relation à l'autre est le parfait reflet de la relation entre mon être et mon ego.

En conscience unitaire, l'autre fait partie intégrante de ce que je suis, sans différenciation, en valorisation de la singularité de chacun. Cela n'est pas encore en manifestation vivante en Soi mais je ressens que cette unité est en gestation. Je l'accompagne du mieux possible avec beaucoup de gratitude, d'humilité et de présence vivante.

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